mercredi 16 juillet 2008

lundi 14 juillet 2008

Dimanche à la campagne, au milieu des bananiers

À l'Arusha Time, le journal du stage, on a un peu carte blanche. Il nous a demandé d'écrire des articles sur des ONG. On n'a pas la pression on va dire. On a commencé par une association de défense des droits de l'homme, c'était intéressant, reste à rédiger l'article. Et ce week-end, on voulait un peu voir du vert, sortir d'Arusha. On a choisi l'orphelinat Peace Matunda un peu par hasard, suite à la rencontre avec une volontaire. Dimanche matin donc, traversée de la ville à pied pour rejoindre Sanawari au nord, dala-dala cahin-caha pendant une vingtaine de minutes, on nous dépose à Tengeru, à une douzaine de kilomètres d'Arusha. Reste à trouver l'ONG, et là, un panneau nous indique que c'est à 6 km… et pas un dala-dala en vue… Heureusement le paysage est joli, chemin de terre au milieu de champs de bananiers, chèvres, vaches et poules tout du long (on est encore loin des lions et éléphants), des enfants qui nous demande "howariou" avec de grands sourires, et qui se fâchent si on ne répond pas tout de suite, et la motivation qui est là, et pourtant ça grimpe ! Au retour, la descente c'est tout de suite plus facile (on mettra même 20 minutes de moins ! Faut dire que je suis avec une spécialiste du trek !)

Les paysages correspondent beaucoup plus à l'image que je me faisais de la Tanzanie. Cela change beaucoup d'Arusha l'européenne. Beaucoup d'enfants (on se demande où ils sont à Arusha). Très vert. Les montagnes en arrière-plan. Un billard à mi-chemin dans une cahute. Une station essence au milieu de nulle part, comme dans les films.

Une messe célébrée en plein air. La brume qui enveloppe le Mont Meru. Et pleins de bananes !

Une semaine déjà à Arusha…

Une semaine passée à toute vitesse, on a commencé sur les chapeaux de roues, entre le stage au journal et les recherches plus perso sur l'histoire d'Arusha. Visite des deux musées de la ville, rien d'exceptionnel en soi, ils font avec les moyens du bord, plutôt éclectiques : quelques photos horribles de ce qu'on peut choper avec les moustiques ici – beurk, une reconstitution des premiers hommes (Afrique de l'Est berceau de l'humanité, on était vraiment pas beaux), rencontre avec un ancien exportateur britannique de café (chez lui on se serait cru dans les années 50), rencontre avec une association de défense des droits de l'homme. On prend notre rythme, s'habituer à slalommer sur les trottoirs, à respirer la poussière, aux rabatteurs pour les safaris, ils commencent à comprendre que non, on n'est pas intéressées, non plus les poignards et batiks …

La ville est finalement assez européenne. Je ne m'attendais pas à ça, la pauvreté ne se voit pas tant que ça. On est dans la ville la plus riche de Tanzanie. Pas de gros choc culturel non plus, beaucoup des habitants sont habillés à l'occidentale, architecture coloniale héritée des colonisations allemandes et britanniques (pour les rues principales). J'ai même trouvé du Nutella (ouf je vais survivre). Peu de Blancs, beaucoup ne sont qu'en étape à Arusha, avant de repartir pour les parcs nationaux, ils restent dans leurs hôtels et 4x4.

La ville en elle-même n'a rien d'exceptionnel, poussiéreuse, bruyante, mais vivante, beaucoup de trafic, contraste entre les quelques routes, et les "villages" dans la ville, où l'on s'y rend par des chemins de terre (3e ville du pays pourtant). On s'y reperd vite.Vendeurs de fruits (mangues, bananes, avocats, oranges…), de cacahouètes, de bric-à-brac, le long des routes (on peut vraiment trouver de tout), files de dala-dala, de taxis qui chaque fois nous hèlent, Clo passe son temps à me dire Atttentttion !! Si je ne me fais pas renverser c'est grâce à elle ! J'ai pas encore capté qu'ils roulaient à gauche.

Les Massaï aussi, nombreux à Arusha, peuple de fiers guerriers nomades, certains poussés par la pauvreté se rendent en ville pour des travaux de gardes. On les reconnaît tout de suite, leur allure, leur fierté, leur trou dans les oreilles… Assez bizarre de se retrouver dans un cybercafé à côté de ces guerriers vêtus de leurs pagnes à carreaux rouges, avec leur bâton traditionnel.

Petite découverte sympathique, la terrasse sur le toit de l'hôtel… On s'est acheté du fromage africain et on a commandé deux verres de vin au bar, et on est allées déguster tout ça sur le toit. On contemple les lumières de la ville, derrière nous le Mont Meru, à nos pieds la rue Sokoine et au-dessus de nos têtes les premières étoiles… Elle est pas belle la vie… Une musique joyeuse nous interpelle à travers les rumeurs de la rue, on cherche d'où ça peut venir, on voit apparaître une sorte de convoi, et sur un des 4x4 ouvert, une fanfare jazz et des danseuses bien en chair, et dans la voiture suivante les mariés…

Pour les photos, il va falloir patienter, la connexion est beaucoup trop faible et capricieuse…. Lo siento !!!

Sinon je continue consciencieusement à mettre le produit anti-moustique, même si je n'ai pas encore vu un seul moustique. Ils doivent avoir peur de moi (si ça peut te rassurer maman…)

mardi 8 juillet 2008

Mission du jour, trouver un logement

- chez William ? Un peu trop luxueux. On s'y plait bien, mais il nous a dit qu'on peut rester jusqu'à demain sans charge. Il nous faut donc rapidement trouver autre chose.
- un mec un peu spé, plus ou moins de notre âge, nous propose une chambre dans sa barraque….là ce n'est pas cher, mais c'est louche, il a l'air d'avoir plein d'argent, il vit tout seul, avec son home cinéma et ses deux 4x4 avec vidéo à l'intérieur, et un chien hystérique. Enfin on ne le sent pas trop, on se fait tout de suite des films… barron de la drogue ? Traffic de tanzanite ? Ptet qu'on est complètement à côté de la plaque… Mais dans le doute on va chercher ailleurs...
- Dans les environs d'Arusha, 30$ le mois, mais sans l'eau et sans l'électricité…
- Chez les sœurs catholiques ? À voir
- Un hôtel pas trop cher, on va arpenter les environs…

Finalement on trouve un hôtel un peu excentré, au sud de la ville, mais pas cher et propet. Meru Inn house. Il y a même une douche chaude sur le pallier. Notre maison pour les six prochaines semaines...

Karibu a Arusha, rencontre avec le maître de stage

Traversée d'Arusha en taxi d'abord, avec William ensuite, passage par un village, Sanawari, prolongement d'Arusha (rurbanisation - cool je peux me la péter après mes cours de géographie urbaine), ressemble un peu à un bidonville, routes défoncées, je me demande bien où l'on va. Arrivée chez William, ça change de ton, première barrière, premier garde, deuxième garde, on a aussi un garde devant la maison où on loge, et un autre derrière… À l'intérieur, à côté du lit, on a un bouton d'alarme relié directement à la police locale. Faut pas se tromper avec l'interrupteur le matin. Parano ou réel danger ? En tout cas on dort sur nos deux oreilles. Seul Superman pourrait entrer là. Je bataille à nouveau avec ma moustiquaire, je ne suis pas encore au point. Mais la maison est vraiment très jolie, très propre, on a notre cuisine, 3 chambres, il nous propose de nous la louer pour 500$ le mois…c'est pas trop notre budget… C'est pas l'idée des prix que j'avais en Afrique…

Traversée du nord de la Tanzanie, Dar-Es-Salaam-Arusha, en passant par le Kilimanjaro

Réveillées le matin par le muezzin, chant magnifique, on reste un peu l'écouter avant de se lever… Enchanteur comme réveil. Et pourtant, il est 5h30. Douche froide, à moitié dans le noir, et départ en quête d'un premier bus, à 6h, la ville se réveille, il fait encore nuit. Bus complet, on tente chez le voisin. Complet aussi. Heureusement Clo avait prévu le coup, on a une réservation pour un bus à 8h30. Reste à s'y rendre. Pas de dala-dala en vue, trop tôt ? Trop cher le taxi (10 000 shilling). On y va à pied. Il fait super chaud, sac à dos sur le dos, on est en nage en 2 minutes. Guide d'infortune qui a l'air de s'y connaître autant que nous…et on ne lui a rien demandé. Il nous emmène dans la mauvaise gare routière !! Finalement on arrive au terminal de la Scandinavia Express, et ils ont bien enregistré la réservation (ce n'était pas gagné, les touristes avant nous se sont retrouvés le bec dans l'eau). Café sur le trottoir pour Clo, espèce de nougat mou pour nous deux !

Delicious. Le bus c'est le grand luxe, il y a même la télé. En fait elle ne marche pas, enfin le son si.

On sort de Dar-Es-Salaam, première ville du pays, ressemble parfois à un village. Arrivée dans la campagne, beaucoup d'activités le long de la route, route qui ressemble à une départementale (et c'est la meilleure du pays). Ça klaxonne. Ça zigzague. Terre rouge. Beaucoup d'enfants. Porteurs de fruits ou gâteaux qui à chaque arrêt toquent à la fenêtre du bus. On goûte des noix de cajou de puta madre.

10h de trajet prévues (11 au final), pause express de 15 minutes le midi pour manger, à peine le temps d'entamer le riz qu'on nous appelle pour remonter dans le bus. On commence à voir des montagnes le long de la route. Et après Moshi, le Kilimanjaro… Et les neiges éternelles tout en haut. Une barrière de nuages à ses pieds. C'est déjà pas mal en photo, autre chose de le voir en vrai ! Il nous suit un bout de temps. Avant d'être remplacé par le Mont Meru. 4566m, pas mal aussi. Arrivée de nuit à Arusha. Assaillies par les taximen en sortant du bus, on a le sésame, le numéro de notre maître de stage, William…

Paris-Dar-Es-Salaam en passant par Doha : le voyage

Après quelques frayeurs sur le périph parisien, arrivée à CDG, je découvre "mon avion", Qatar Airway, jamais montée dans un avion aussi gros. En y entrant, je me suis dit, wouaaaah trop classe Qatar airway… c'était la classe affaire. Mais la classe éco c'était bien aussi. Le voyage s'est bien passé, rencontre avec une religieuse du Vietnam qui tient un orphelinat à Saigon. Atterrissage, depuis le hublot paysages lunaires, désertiques, chaleur étouffante en sortant de l'avion. Une ferrari sur le tarmac. Bienvenue au Qatar. 2e vol, premières vues sur l'Afrique, séquence émotion… Il fait chaud aussi à Dar-Es-Salaam, chaleur humide. Formalité visa comme une lettre à la poste (à Roissy, ils m'ont quand même fait une remarque sur ma tête de terroriste –rude ma photo de passeport-…), et retrouvailles avec Clo ! Elle est toute bronzée.

On m'aurait dit il y a 6 mois que je débarquerai en Tanzanie…

Mon premier dala-dala; sorte de minibus bondé, où il faut jouer des coudes pour en sortir, qui semble crapahuter sur les routes, nous menant cahin-caha à bon port. Enfin presque car on est descendues un peu trop tôt. Traversée de Dar-Es-Salam. Je suis en Afrique… C'est l'hiver, mais on dégouline (sexy). Pause à l'hôtel, avant de repartir pour le marché au poisson. C'est tout de suite beaucoup mieux sans le sac de 12 kilos sur le dos. C'est la fin de journée, toujours animé, beaux poulpes et coquillages. Bâteaux, pêcheurs sur le fleuve.

Un bout de l'océan indien.

Retour au centre pour remplir nos estomacs, on cherche du poisson, alléchées par les odeurs du marché, mais impossible à trouver -no fish-, on échoue dans un petit bui bui, à deux pas de l'hôtel, où ils nous proposent de la soupe, on ne sait pas trop à quoi. On ne le saura que trop vite, on dirait qu'on y a trempé des poils de bouc. On y trempe les lèvres, on essaie de persévérer mais non. On se rabat sur la viande. Et sur une Kilimanjaro, bière locale (on ne peut pas boire de l'eau –dixit guide du routard- c'est pour ça :p).

Rencontre avec des locaux, qui nous apprennent quelques mots de swahili. Retour à l'hôtel pour un gros dodo, sous la moustiquaire ! Pas si simple de dormir sous la moustiquaire… au petit matin, elle s'est fait la malle…

dimanche 6 juillet 2008

hakuna matata

Ce qui signifie en swahili, pas de probleme, je suis bien arrivee, retrouvailles avec clo, une nuit a dar-es-salam, une journee de bus pour arriver a arusha, paysages magnifiques, kilimanjaro majestueux, et la je loge avec clo chez mon maitre de stage, en attendnt de trouver un hotel, malheureusement pratiquement tous complets ou hors de prix, ou une petite maison... a ver. c'est la mission d'aujourd'hui !

mercredi 2 juillet 2008

Départ imminent

Finalement tout rentre dans le sac à dos, première fois que je vais voyager aussi léger...

Départ à 22h aujourd'hui de Paris, arrivée à Doha au Quatar à 5h30. Visite de l'aéroport (j'ai trop hâte...) Départ à 7h30 pour Dar-Es-Salam... Premiers pas en Tanzanie à 13h...

Décalage horaire avec la Tanzanie : seulement 1h

Prochain message depuis un cybercafé de Dar-Es-Salam ou d'Arusha...

lundi 30 juin 2008

La Tanzanie n'est pas la Tasmanie

Comme beaucoup ont cru au départ que je partais du côté de l'Australie, peut-être est-il bon de préciser que la Tanzanie est en Afrique, et la Tasmanie un Etat australien.

l'Afrique, avec la Tanzanie en rouge

L'Australie, avec la Tasmanie en orange

Taz, le diable de Tasmanie

Le roi des animaux, plutôt du côté de la Tanzanie

Pour plus tard la Tasmanie...

Petite piqure de rappel, pourquoi je débarque en Tanzanie

C'est du réchauffé complété

Ca y est, c’est officiel, j’ai mon stage pour cet été :)

Je ne m’attendais vraiment pas à ça, tant le lieu que l’objet du stage, un peu plus loin que je pensais, un brin plus exotique. Mais je sens que cela va être une belle expérience…

Je devais au départ faire mon stage à Rennes dans une agence d’urbanisme. Tout paraissait bien ficelé, je les avais rencontré en janvier, et ils m’avaient donné l’accord de principe. Mais en mars, ils m’ont annoncé qu’il me fallait être présente dès le mois de mai. Or moi j’ai des exams jusque fin juin en Espagne, et je ne peux pas vraiment y couper… C’est donc tombé à l’eau cette affaire. Et je me suis retrouvée un peu perdue, à chercher à droite à gauche un hypothétique stage, sans succès. Pas facile non plus depuis l’Espagne. C’est là qu’un jour, j’ai eu à faire un travail sur les Massaï pour un cours de géographie culturelle. Passionnant.

J’ai envoyé un mail à Clo, qui je savais devait faire cet été son stage par là-bas, un peu une bouteille à la mer, et elle m’a proposé de faire mon stage avec elle en Tanzanie. Cela me semblait au départ tellement loin, tellement improbable…

Mais ça a fait son bout de chemin dans ma tête, j’ai commencé à préparer psychologiquement mes parents à cette éventualité (surtout la maman…), et envoyé CV et lettre de motivation au journal. Et ils ont été d’accord.

Maintenant les conventions de stage sont signées, je suis allée faire mes vaccins avant hier (fièvre jaune, fièvre typhoïde, hépatite A, diphtérie et tétanos). J’ai été une mamie pendant deux jours, je ne pouvais même plus faire la vaisselle (quel dommage ;). Les billets d’avion sont achetés, je m’envole le 3 juillet pour Dar-Es-Salam…

Reste à bosser mon anglais, car le stage consiste quand même à écrire des articles pour un petit journal, The Arusha Time… en anglais ! (la bonne blague). Heureusement que j’ai un Anglais sous la main (Stephen mon coloc). Mais bon, j’ai encore de gros progrès à faire. Et lui ne vient pas en Tanzanie avec moi...

Une belle aventure qui s’annonce… avec pour l’instant un mélange d’excitation et une grosse boule au ventre (La Tanzanie un des pays les plus pauvres du monde, espérance de vie d'environ 50 ans, zone III pour le paludisme, vilains moustiques et mouches Tsé-Tsé...je vais m'arrêter là je crois, désolé Maman). Heureusement, j’aurai mon ange gardien Clo avec moi.

La ville Arusha
En toile de fond le Mont Meru, un des sommets de l'Afrique, il culmine à 4566 mètres d'altitude...


La Tanzanie:
- un peu moins de 40 millions d'habitants
- 945 000 km² (à peu près une fois et demie la France)
- une République démocratique, régime multipartite, élections libres, un des pays les plus stables de la région.

Nouvelle aventure, nouveau blog

A quelques jours du départ, un nouveau blog. Je ne sais pas encore si je vais pouvoir donner régulièrement des nouvelles, en tout cas je vais essayer.

Au programme :
Avant jeudi, faire rentrer 2 mois d'affaires, un ordinateur portable et une quinzaine de boites de médicaments dans un sac à dos de 50 litres
Départ jeudi 3 juillet depuis Paris, avec un sac à dos (on s'est donc limité à une paire de converse et une paire de chaussure pr le "raid" (dixit le vendeur je peux tout faire avec) - Et pourtant moi et les chaussures... Rraa la dure séparation (2nd degré)
Escale à Doha au Quatar, je ne sors pas de l'aéroport, de toute façon je n'ai pas de visa.
Arrivée à Dar-Es-Salam le vendredi 4 juillet, retrouvailles avec Clotilde, qui elle débarque de Madagascar
Visite de Dar-Es-Salam
Départ pour Arusha le 5 juillet en taxi brousse... Premières rencontres avec les animaux sauvages ? A ver...